Une décision inattendue, mais non sans fondement. Bank
Al-Maghrib a surpris les observateurs en baissant son taux directeur de 25
points de base à 2,25 %. Lors de sa conférence de presse du 18
mars, Abdellatif Jouahri a livré un diagnostic sans détour sur la situation
économique et monétaire du pays. Maîtrise de l’inflation, solidité des finances
publiques, réserves de change en hausse, soutien aux PME… autant de signaux
qui, selon lui, justifient cet assouplissement monétaire.
Mais cette décision est loin de faire l’unanimité. Certains
économistes alertent sur le poids des créances en souffrance et les risques
d’un financement bancaire encore trop frileux pour soutenir véritablement les
entreprises marocaines. Et puis, cette baisse suffira-t-elle vraiment à
relancer la croissance et l’emploi ? Une autre question se pose : les banques
marocaines, confrontées aux nouvelles régulations européennes, pourront-elles
maintenir leur rôle de relais financier pour les MRE ?
Wissam Bouzdaini, journaliste
Karim Barketallah, analyste politique et économique